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Ce
livre répond à une double exigence :
celle de raconter mon propre exil en Algérie et, tout aussi
pressante
(s’agissant d’un exil parmi tant
d’autres), celle d’y inclure l’exode et
le
vécu de milliers de réfugiés espagnols
arrivés dans ce pays, alors colonie
française, en mars 1939.
Cependant,
afin de ne pas surcharger le récit d’apostilles,
au risque d’en briser le
rythme, j’ai opté en pratique pour le
découpage de l’ensemble, réservant une
deuxième partie aux références
historiques et à différents commentaires. Mais
il s’agit bien d’un tout compact, un lien intime
solidaire unissant mon
histoire personnelle à celle de tous ces compagnons
d’infortune que je me suis
imposé comme le devoir de mémoire de sauver de
l’oubli.
On ne
sera pas étonné de rencontrer tout au long de ces
pages des réfugiés ayant
appartenu pour l’essentiel au Mouvement Libertaire Espagnol
(MLE), anarchistes,
anarcho-syndicalistes, communistes libertaires, individualistes. Cela
tient au
fait que, militant de toujours à la CNT/FAI,
mon père, en exil, continua évidemment
à graviter
autour de son organisation. J’ai très peu
fréquenté de réfugiés
inscrits à des
partis politiques (républicains, socialistes, communistes)
et donc ne me
permettrai pas d’en parler.
Cependant, comme le laisse
entendre le sous-titre, on découvrira des
individualités autre que libertaires,
qui racontent, ou expriment leur point de vue :
Téofila Madronal, Antonio
Martinez Nieto, Vicente Verdeguer, Vicente Llorens, Gerardo Bernabeu
(franc-maçon militant du Grand Orient), ou le
vice-président du conseil de
Gouvernement de la IIIème
république espagnole, le général
Navarro.
Enfin,
ultime mais essentielle
remarque. J’ai tenu à souligner avec force une
évidence : les réfugiés
politiques espagnols en Algérie (globalement pour la plupart
d’entre eux et
totalement en ce qui concerne les libertaires) ont constitué
dès leur arrivée
une entité à part qu’on à
intégrée à tort au moment de
l’indépendance à la
communauté pied-noir, de laquelle pourtant tout la
séparait, le souci exclusif
des réfugiés ayant consisté en effet
à tout
mettre en œuvre obstinément pour en
finir avec le franquisme et pouvoir retourner librement en Espagne.
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